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Habibi, les révolutions de l’amour à l’Institut du Monde Arabe

Jeanne & Moreau , Sieste (détail), courtesy de l’artiste et de la galerie Praz-Delavallade, Paris, Los Angeles © Jeanne & Moreau

Dans cette nouvelle exposition pluridisciplinaire “Habibi, les révolutions de l’amour”, l’Institut du Monde Arabe, qui œuvre à la mise en valeur de la culture arabe dans toute sa diversité, a souhaité donner à voir une sélection d’artistes de la communauté LGBTQIA+. Il s’agit d’une première mondiale, cette exposition réunit les travaux qui viennent tisser de nouveaux idéaux d’identification, de vie et d’émancipation sous la houlette d’Elodie Bouffard, commissaire de l’exposition, accompagnée de Khalid Abdel-Hadi et Nada Madjoub.


Type de fabrication : Tirages, collages, encadrements et papier peint de certaines œuvres.
Le laboratoire Picto aide les photographes professionnels pour la réalisation de leurs expositions, des tirages à l’accrochage, en passant par les finitions et l’encadrement.


Comment aujourd’hui les identités sexuelles et de genre sont-elles représentées dans la création contemporaine d’artistes de culture arabe ? Quelles stratégies esthétiques et militantes déploient-ils· elles pour décrire, inspirer, confronter les sociétés contemporaines ? Dans le monde arabe, comme sur tous les continents, les artistes témoignent des engagements et des luttes pour pouvoir exprimer librement l’amour, les identités de genre et la sexualité.

Le Printemps arabe et les luttes sociales depuis les années 2011 ont permis une amplification du militantisme LGBTQIA+1. Les activistes s’élèvent contre les lois pénalisant les actes homosexuels, questionnent le conservatisme et proposent des alternatives sociétales. Si leur mobilisation reste limitée et minoritaire, elle marque une rupture avec le déni de l’identité homosexuelle et transgenre qui prévaut. Les artistes LGBT+, queer 2 et alliés, qu’ils soient dans leur pays de naissance ou en diaspora, participent à ce mouvement. Originaires du monde arabe mais également d’Iran et d’Afghanistan, ils proposent des esthétiques et des modèles de narration émancipatoires.

Ce regard contemporain permet d’appréhender des interrogations d’ordre politique, social, intime et esthétique qui traversent la création actuelle s’intéressant aux sexualités et aux genres non hétéronormés. À travers ces sujets, il est aussi question de l’émancipation individuelle, de la liberté des corps, de la liberté d’exister dans sa différence, de la liberté d’aimer comme on le veut. Il s’agit également d’apporter de nouvelles pistes de réflexion et d’action quant aux possibilités de faire société. En ce sens, l’exposition interroge le regard que la société et l’individu, quels qu’ils soient, portent sur les LGBTQIA+ dans un monde ou leur présence n’est toujours pas acceptée, voire menacée.

Artistes queers ou « alliés » se rejoignent à cette occasion pour témoigner et faire entendre leur voix. Le terme « queer » signifie « étrange », « bizarre ». À l’origine, il est utilisé comme une insulte adressée aux minorités de sexe et de genre, avant que ces dernières ne se le réapproprient au début des années 1990 aux Etats-Unis, pour défendre leurs droits et leur mode de vie. Aujourd’hui, les thématiques queers dans l’oeuvre d’artistes issus du monde arabo- musulman et de ses diasporas proposent des esthétiques et des modèles de narration émancipateurs qui se jouent de l’idée de norme, et notamment de celles relatives au genre. Se recoupent dans leurs travaux des questions de l’ordre de l’intime confrontées au politique, de manière à tisser de nouveaux modèles d’identification et de vie.


• Date : Du 27 septembre 2022 au 19 février 2023
• Lieu : Institut du Monde Arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris
https://www.imarabe.org/fr