Henrike Stahl présente le fruit de sa résidence “Instants’ à la galerie Leica

Pour la seconde année consécutive, le Château Palmer et Leica initient la Résidence ‘Instants’ dans le but d’apporter leur soutien à la création photographique contemporaine. En 2023, c’est la photographe allemande Henrike Stahl qui s’est rendue au Château Palmer pour suivre le travail vigneron avec sensibilité. Le fruit de cette résidence, “L’Arc sera parmi les nuages” est exposé à la galerie Leica (Paris 8e) jusqu’au 22 juin prochain.
Type de fabrication : Tirages online sur différents supports, lambda contrecollé sur Alu, Murakumo et Hahnemühle.
Le laboratoire Picto aide les photographes professionnels pour la réalisation de leurs expositions, des tirages à l’accrochage, en passant par les finitions et l’encadrement.
La marge, l’entre-deux, Henrike Stahl en a fait un langage. Elle, l’Allemande, qui a longtemps oscillé entre Paris et Berlin, sans choisir de port d’attache. Elle, l’insolente, qui porte un regard aussi cru que délicat sur les territoires et les identités en transition. Chez elle, la photographie est une manière de dialoguer, de tisser des passerelles entre des mondes que la périphérie ou les préjugés tendent à éloigner. Un sillon pour rassembler, abattre des murs et défricher de nouveaux chemins de pensées.
Dans une écriture qui frappe par sa puissance et sa légèreté, sa bienveillance et sa beauté brute, Henrike Stahl explore d’autres façons d’habiter la photographie : évincer les cadres, maximiser les formats, les déployer dans l’espace pour mieux se mouvoir parmi les tirages. Importer la marge au centre des considérations n’est pas qu’une métaphore chez cette photographe de la douceur. Elle, pour qui la pluralité est gage de richesse.
Chez Henrike Stahl, la marge rejoint le centre et des dialogues se nouent. La ville déborde sur la campagne. Les champs deviennent des cités radieuses. Les individus circulent, renversent les cloisons, inventent du collectif.
Face à la catastrophe climatique, il devient urgent de faire alliance, de pactiser. De se battre comme on danse. Ici, les vignerons semblent avoir traversé toutes les frontières pour construire une arche sur les rives de l’estuaire de la Gironde et y mener une grande moisson. Ils forment une parcelle d’humanité, peut-être l’échantillon qui la sauvera.
Noé, dit-on, aurait planté la première vigne de l’histoire. Voici donc ses héritiers, qui continuent de faire fructifier la terre contre les déluges annoncés. Henrike Stahl guette naturellement les gestes qui réparent le monde. Des bras, des fleurs, des interstices. Des mains qui touchent, étreignent. De la matière partout, qui palpite, gronde ou ressuscite, des cornes, du crin, des follicules, de l’eau transmuée en écume ou en vin.
La photographe brasse les modèles, réconcilie les contraires par secousses et diptyques, crée des binômes, des associations, de même que Noé conservait les espèces par paires. Elle capture tout ce qui se tresse entre les êtres et les plantes puis laisse fleurir ses visions.
La délicatesse de son regard nous est précieuse, lumière parmi les nuages, passerelle vers les autres et l’inconnu, qui convoque avec grâce ceux qui peuplent la terre.
Depuis 2021, dans le cadre de son programme d’accompagnement vers l’insertion professionnelle, l’Académie Younus travaille en partenariat avec Château Palmer. La propriété se réorganise ainsi chaque printemps pour accueillir une cinquantaine de jeunes femmes et hommes originaires du quartier du Grand Parc à Bordeaux durant les travaux en vert. Encadrés par des vignerons référents, ils passent un mois dans les vignes, à effeuiller, épamprer, tresser, et partager le quotidien des équipes.
• Date : Du 5 avril au 22 juin 2024
• Lieu : Leica Store Paris Village Royal
26 rue Boissy d’Anglas
75008 Paris
https://www.henrikestahl.de